MELROSE ATELIER

UN DIALOGUE AVEC LE LIEU

« L'architecture n'est pas qu'une question d'abri, ni simplement une belle image. Elle doit rendre tangibles les lois de l'univers qui, sans elle, seraient restées invisibles. » — Rudolph Schindler

L'atelier AHLEM Melrose poursuit une exploration continue de l'espace — une démarche profondément ancrée dans la philosophie de création d'AHLEM et concrétisée à travers une collaboration au long cours avec l'architecte Maja Bernvill. Pour ce site particulier, Bernvill et AHLEM engagent un dialogue avec l'héritage de l'architecte moderniste austro-américain Rudolph Schindler et l'approche conceptuelle de l'artiste japonais Hiroshi Sugimoto. Le projet s'approprie les visions novatrices de Schindler sur la lumière, la fluidité et l'intégrité de la matière, tout comme le dialogue qu'instaure Sugimoto entre l'immédiat et l'éternel — autant de quêtes partagées qui résonnent au cœur de l'identité d'AHLEM.



« Cet espace ne cherche pas à répliquer Schindler — il s'agit d'entrer en dialogue avec ses idées et le contexte californien dans lequel il s'inscrivait », explique Maja Bernvill. « AHLEM et moi partageons une même quête de précision, de sobriété et d'atmosphère ; le design devient alors une sorte de chorégraphie silencieuse entre la forme, la lumière et la matière. »

À l'image de Schindler, AHLEM aborde l'espace architectural comme un prolongement de la pensée et des sens — où la matière et la forme ne relèvent pas du décoratif, mais de l'expression. S'inscrivant dans le paysage propre à la Californie du Sud, le projet trouve un équilibre harmonieux entre lumière naturelle, géométrie architecturale et présence humaine.

Une Philosophie des Éléments Fonctionnels

L'aménagement intérieur d'AHLEM Melrose se métamorphose à travers l'usage de matériaux organiques chers à Schindler : le bois, le métal, le plâtre, le béton, le verre et l'acier.

Chaque matériau a été minutieusement choisi pour son intégrité, sa provenance et sa présence visuelle. Le noyer d'Amérique sombre et huilé — essence originaire de Californie — ancre la palette chromatique avec chaleur et profondeur. Le Marmorino, un enduit à base de chaux, est façonné à la main et fini au savon de Marseille pour révéler un éclat radieux et naturel. L'acier Corten brut, patiné pour révéler la force intrinsèque de ses propriétés, forme un bouclier protecteur et texturé autour de l'espace.

Dans le salon intérieur, un tapis de laine couleur terre cuite évoque les paysages désertiques gorgés de soleil, ancrant l'espace dans une nuance chaleureuse et naturelle. Des sous-bassements en noyer sombre habillent le bas des murs, dessinant une ligne d'horizon tactile. Au-dessus, le revêtement en verre instaure un dialogue fluide entre transparence et réflexion, animant les surfaces et amplifiant subtilement les volumes. Unis dans leur beauté et leur intemporalité, ces matériaux nobles et authentiques façonnent une atmosphère sereine, empreinte d'harmonie et d'intention.